Littérature comparée
Le caméléon au propre et au figuré
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Le caméléon a bon dos : de Pline, qui le décrit comme une bête angélique ne fermant jamais les yeux et se nourrissant d'air, à Cortazar, qui le tient pour la parfaite métaphore du poète, l'histoire naturelle comme la littérature n'en finissent pas de commenter ses métamorphoses. On lui a intenté bien des procès, tantôt lui reprochant de gober des mouches, acte jugé prosaïque en comparaison de sa poétique garde-robe, tantôt l'accusant d'être le roi des fourbes et, corrélativement, de renvoyer à une stratégie de la dissimulation. Ce volume se présente donc d'abord comme une réhabilitation, mais aussi comme un témoignage d'inquiétude. En étant libre d'affirmer indifféremment : « Je suis de toutes les couleurs » et « Je suis incolore » - ce qui transposé dans le registre psychologique équivaudrait à : « Je suis tous » et « Je ne suis personne » -, notre caméléon vit peut-être en effet une expérience à la Zélig, le héros du film de Woody Allen, expérience qu'il nous faut finalement interpréter à la fois comme un art de la participation et comme une cause d'exclusion. Car si l'histoire de ce psychopathe en perpétuel mouvement est placée sous le signe de la poésie, elle n'en constitue pas moins une possible allégorie de la Diaspora. Le caméléonisme en l'occurrence n'a plus rien à voir avec l'arrivisme : c'est un signe de mélancolie.
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